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La perle et les histoires d’amour

Perles évoquant l’amour et les grandes histoires romantiques

L’association de la perle avec l’amour

« La rose de la patience », associée à Krishna, le dieu de l’amour, dédiée à Vénus, la déesse de l’amour, la perle est souvent liée à une beauté qui inspire la passion. Le mot « perle » lui-même appartient au vocabulaire amoureux. On a affirmé que la perle était la pierre de l’amour. Elle rend la beauté irrésistible, elle rend chaste celle qui la possède, candide la jeune fille, pure la jeune femme… La perle serait le symbole des douces résignations… ainsi que des amours permises et de la tendresse. Ce joyau gracieux signifie la foi, la pureté et l’ardeur religieuse. Il adoucit les caractères violents, apaise l’esprit, fait retomber la colère et donne de la patience… la rose de la patience, comme le disait Shakespeare.

C’est ainsi que la baronne Staff s’exprimait en termes fleuris. Et peut-être devons-nous effectivement nous convaincre que la perle porte en elle tous ces pouvoirs, toutes ces vertus. La contempler ou la porter en pensant à la « rose de la patience », c’est déjà intégrer un peu de paix en soi et autour de soi. La même baronne Staff attribue à la perle une vie propre : « Une femme aime ses perles d’un amour différent de celui qu’elle porte à ses diamants… Et la perle aime celle qui la porte sur sa poitrine. »

Les perles dans les grandes histoires d’amour

La perle, connue comme la « pierre de l’amour », aurait le pouvoir de susciter l’amour. Les femmes aiment les perles et les perles aiment les femmes. Dans les grandes histoires d’amour, les perles ont parfois joué un rôle. Qui ne connaît pas l’histoire d’Antoine et de Cléopâtre ? Lorsque Cléopâtre alla rejoindre Antoine sur une galère somptueuse, la reine portait aux oreilles deux perles uniques, tant par leur taille que par leur beauté. Au cours du festin qui suivit, Antoine s’émerveilla de l’opulence de la table, et la belle lui répondit qu’au prochain repas elle dépenserait des millions de sesterces. La somme était colossale, et les amants firent un pari.

Le souper fut somptueux, et Antoine, souriant, demanda l’addition. Mais la reine appela ses officiers et leur fit apporter une coupe de vinaigre. Elle retira l’une de ses boucles d’oreilles, dissolut la perle dans le vinaigre et la but. Cléopâtre avait gagné son pari, et il fallut l’intervention de Lucus Plaucus pour que la seconde perle ne connaisse pas le même sort. À la mort de Cléopâtre, cette perle fut transportée à Rome et Septime Sévère la divisa en deux joyaux qui ornèrent les oreilles de la Vénus du Panthéon. Pline, toujours acerbe, commenta l’affaire : « La moitié d’un seul de leurs repas aurait suffi à parer une déesse. » Certains contestent cette histoire, estimant qu’une perle de cette taille n’aurait pas pu se dissoudre aussi rapidement, mais laissons aux légendes leur charme.

Les perles et les personnages historiques

Cléopâtre resta fidèle à son goût de l’extravagance jusque dans la mort, puisque son tombeau était orné de bijoux et de perles. Le faste des Grands Moghols poussa cette passion encore plus loin : Shah Jahan, le roi du monde, fit réaliser pour son épouse une mosaïque de fleurs composée de perles et de pierres précieuses. La tradition affirme même qu’Abraham était sensible à la beauté des perles. Il en orna les oreilles d’Agar, son esclave séduisante. Mais son épouse Sarah, jalouse, chassa rapidement Agar dans le désert.

Les hommes rivalisent souvent de générosité, et parfois d’extravagance, pour prouver leur attachement ou impressionner la femme qu’ils aiment. Le roi Salomon, sage souverain de l’ancien royaume d’Israël, roi des rois et roi des magiciens, avait un attachement particulier pour les perles. Il les considérait comme un symbole de pureté et aimait contempler leur doux éclat. Il les portait sur son front et collectionnait les plus belles en l’honneur de sa muse, la reine de Saba.

Jules César offrit une perle exceptionnelle et très coûteuse, en gage d’amour, à Servilia, la mère de Brutus. L’empereur Sévère acheta deux grandes perles blanches pour l’impératrice, mais le prix demandé était si élevé qu’au lieu de les offrir à son épouse, il en fit une statue de Vénus. Seule une immortelle était digne de joyaux aussi précieux.

Les perles dans la royauté et la noblesse

Lorsque François Ier épousa Éléonore d’Autriche, il lui offrit la collection des joyaux de la couronne. Celle-ci comprenait des diamants, des rubis, des émeraudes et des montures en or, ainsi qu’un collier composé de dix-neuf rangs, chacun enrichi de quatorze perles. Lors de son couronnement à Saint-Denis, la reine portait dans sa coiffure et sur son corsage des pierres précieuses et des perles estimées à plus d’un million de pièces d’or. Le roi François Ier possédait un vêtement orné de perles. À cette époque, les dames n’auraient pas envisagé de se coucher sans porter leurs perles et leurs pierres précieuses.

En 1635, l’électeur Maximilien de Bavière envoya à la fille de l’empereur Ferdinand II un collier de trois cents perles choisies, chacune valant mille florins, en gage d’amour. Nous atteignons un luxe accablant, au sens littéral du terme, avec le mariage de la mère de François Ier et du duc de Clèves. Sa robe était si chargée de perles, d’or, d’argent et de pierres précieuses que la jeune fille, âgée d’à peine douze ans, ne pouvait pas marcher et dut être portée jusqu’à l’église ! De telles démonstrations d’amour sont plutôt pesantes, quelle que soit leur magnificence.

Les perles à l’époque moderne

Les célèbres amants hollywoodiens Richard Burton et Elizabeth Taylor ont eux aussi contribué à cette longue histoire entre les perles et les histoires d’amour. En 1969, Richard Burton offrit à Elizabeth Taylor la célèbre Peregrina, ou « l’Incomparable ». C’était un hommage indéniable. La Peregrina avait la taille d’un œuf de pigeon et la forme d’une poire. Elle venait du Panama et avait été offerte au roi Philippe d’Espagne. Le duc de Saint-Simon écrivit à son sujet : « C’est à la cour que j’ai vu et touché la célèbre Peregrina que le roi portait ce soir-là à la pointe de son chapeau, suspendue à un magnifique fermoir en diamant. Cette perle, de la plus belle eau que l’on ait jamais vue, est parfaitement formée et évasée comme ces petites poires musquées appelées “sept en bouche”. Elle mérite bien le nom de “la voyageuse”, car elle passa entre de nombreuses mains au fil des siècles, avant d’arriver à Elizabeth Taylor. »

On raconte qu’elle la maltraitait parfois et que son chien s’en servait même pour aiguiser ses dents. Les tempêtes de l’amour ! Mais une fois encore, la magie était à l’œuvre. Elizabeth l’admettait : « J’aime les porter, les sentir, les toucher ; pour les femmes, les perles sont féminines, chaleureuses et très romantiques. »

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